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LYNWOOD
SLIM "LAST CALL"
Source: Big City Blues
Date: 08/2006
Writer: Jean-Claude
Mondo |
De
son véritable nom Richard Duran, Lynwood
Slim est aujourd’hui âgé de
53 ans. Lors de sa tendre jeunesse, il tombe sous
le charme du blues et se met à jouer de
la trompette et de l'harmonica. Au cours de années
70, il quitte la West Coast et débarque
à Minneapolis. Dès son arrivée,
il est appelé à remplacer, au sein
d’un groupe local, un certain Kim Wilson
parti à Austin, dans le Texas, pour fonder
le Fabulous Thunderbirds. En 1984, il commet "Soul
feet", un elpee qui sera réédité
en 96, sur le label Atomic Theory. Richard a la
bougeotte. Il revient quelque temps à Los
Angeles ; mais en 1995, il émigre à
Chicago. Avant de revenir vivre au sein de sa
chère Californie où il y fonde,
dès 1998, le label Pacific Blue Recording
Company. En compagnie de Jerry Hall. Il grave
alors quelques albums d’excellente facture.
Et notamment "Lost in America", un elpee
également réédité.
Chez Atomic Theory. En 97. "Back to back",
ensuite. En 1998. Chez Crosscut. En compagnie
de Junior Watson. Et "World wide wood"
en 99. Un opus pour lequel il bénéficie
de la collaboration, entre autres, de Marc Thijs.
Il a également participé aux sessions
de studio de quelques potes notoires. Et en particulier
des guitaristes Kid Ramos, Junior Watson et Alex
Schultz. Enfin, il a également embrassé
une carrière de producteur. Il a ainsi
mis en forme un album des Electric Kings.
Slim
aime le swing. Dès les premières
mesures de "Well Alright, OK you win",
il démontre cette passion. Il est soutenu
par des musiciens efficaces pour affronter ce
style : Kid Ramos aux cordes, John Bazz (NDR
: des Blasters) à la basse et Ron Felton
aux drums. Il en profite alors pour produire
un petit bijou de solo sur son harmonica chromatique.
"All night long" constitue déjà
le sommet de cet opus. Une composition débordant
de bonne humeur. Signée Clifton Chenier,
elle se mue en West Coast zydeco. A cause de
la participation aux vocaux de tous les acteurs,
de la guitare de Kirk Fletcher et surtout, d'une
merveilleuse mandoline, pincée par Rich
Delgrosso, un disciple notoire de Yank Rachell.
"West baby blues" manifeste un swing
naturel et feutré. Richard Innes secoue
ses balais avec beaucoup de retenue pour permettre
à Kid Ramos de délivrer un solo
d’une infinie délicatesse et d’une
sensibilité extrême. La même
équipe s’attaque au "I'm tired"
de Mickey Baker. Le tempo est plus dynamique.
Ron Dziubia souligne bien le rythme de son saxophone
tandis que le Kid s'éclate aux cordes.
La douceur de l’intimisme envahit le "Nothin'
but the blues" de Duke Ellington. Une plage
paisible que Slim chante sur un ton cool jazz,
en agitant des bongos face à la section
rythmique et le saxophone raffiné de
Dziubia. Ce swing naturel force l’admiration
lorsqu’il chante "You're a pain".
Ramos aux cordes et le bouillant pianiste de
boogie woogie anglais, Carl Sonny Leyland, y
excellent. Changement de cap pour "Say
it!". Un blues au tempérament assez
soul, caressé de chœurs vocaux vaporeux.
La guitare d'Armando Cortez (NDR : des Chicago
Blues Angels) est largement amplifiée
et le piano de Harunobu Tsushida (NDR : un musicien
des Flip Tops de Nick Moss) trépide.
Nick Moss se réserve d’ailleurs
ici la basse ; et sa compagne Kate, la guitare
rythmique. Slim chante alors "Me, myself
& I", un hit immortalisé par
Billie Holliday, sous une forme gypsy jazz plus
Django Reinhardt que nature. Les guitares acoustiques
de Jeff Ross (NDR : un ancien soliste de Candye
Kane) et de l'Argentin Gonzalo Bergara s’y
conjuguent à merveille. Lynwood Slim
chante le blues et souffle à nouveau
dans son harmonica tout au long d’"Across
the sea". Un moment très roots que
j’apprécie tout particulièrement.
Un shuffle léger et remarquable au cours
duquel Kid Ramos, John Bazz et Richard Innes
sont là, en toute simplicité,
pour assurer. Sous ce même line up, ils
abordent "Not your clown", un morceau
pétillant coécrit par Marc Thijs
et Luc Alexander des Electric Kings. Jazz et
swing y font toujours bon ménage. "I'm
sorry" semble sortir tout droit d'un juke
box de la fin des 50s. Une ballade soul légère,
empreinte de douceur. D’excellente facture,
cet opus s’achève par un jazz velouté,
intimiste, au cours duquel Slim chante et joue
de la flûte. |
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